Valmont



Valmont est une commune française, située dans le département de la Seine-Maritime et la région Haute-Normandie, située à 15 km de Fécamp.

Petite ville marquée par l'histoire, elle dispose de nombreux monuments, dont :
Le château de la famille d'Estouteville, comportant un donjon XIe siècle et une aile Renaissance. Ce château imposant a connu de nombreuses transformations et de nombreux propriétaires dont les Grimaldi de Monaco et les Barbet de Rouen.
L'abbaye Notre-Dame du Pré : elle fut fondée par Nicolas d'Estouteville en 1169. De l'église abbatiale en ruines, reste en état la superbe chapelle axiale dite de Six-Heures, où se trouvent des gisants finement sculptés des d'Estouteville, des vitraux datés de 1552, ainsi qu'un groupe sculpté attribué à Germain Pilon. Eugène Delacroix séjourna à plusieurs reprises à l'abbaye de Valmont, chez ses cousins, entre 1813 et 1840, et y a peint le tableau Ruines de l'abbaye de Valmont, aujourd'hui au musée du Louvre. C'est dans le cadre de cette abbaye que se déroule le premier chapitre de L'Aiguille creuse de Maurice Leblanc.

Sissi en Normandie

Les préparatifs du voyage

Jean Deschamps de Boishebert, hérite du château de Sassetot. Dépensier et joueur, il se ruine rapidement et est obligé de vendre son château. C'est un riche armateur du Havre, Monsieur Albert Perquer, qui en fait l'acquisition. Bien que ruiné, grâce à son titre et à une fonction diplomatique, le Marquis Jean Deschamps de Boishebert est reçu à la cour impériale d'Autriche à Vienne.
Le docteur Widerhofer, médecin de la Cour impériale recommande l'air de la mer pour la petite Archiduchesse Marie-Valérie, fille d'Elisabeth, et non pas comme on le prétend souvent pour la propre santé de Sissi. Il est plus que probable que c'est le Marquis Jean Deschamps de Boishebert, alors à Vienne, qui conseille le domaine du château de Sassetot, son ancienne propriété, pour ce séjour au bord de la mer.

L'Intendant Carl Linger est chargé en mai 1875 d'aller sur place se rendre compte de cette propriété et de prendre contact avec le proprétaire. Arrivé à Sassetot, il trouve le château vide et c'est par l'intermédiaire du Vice-Consul à Fécamp, Monsieur Leborgne, qu'il rentre en rapport avec le propriétaire du château Monsieur Albert Perquer. Ce dernier accepte de louer son château après avoir appris à qui il est destiné moyennant la somme assez considérable de 30.000 francs or. En cas d'annulation, il est prévu un dédommagement de 10.000 francs or.

Malgré les recommandations de discrétion de Carl Linger, la nouvelle se répand très vite dans le pays. Au début du mois de juillet arrive directement de Vienne un train spécial chargé de nombreuses caisses contenant tout ce que le séjour de l'Impératrice nécessitera et notamment son lit en fer. Tout le mois de juillet est occupé à aménager fébrilement le château pour recevoir l'Impératrice.On lui réserve une partie de l'aile droite du château, très probablement le premier étage.



Le voyage et l'arrivée

Le train spécial vient de Vienne. Il est accueilli à la frontière par l'aide de camp du Maréchal de Mac Mahon, Président de la République. Il évite Paris et arrive directement à Fécamp le samedi 31 juillet 1875 à 8h50 du matin.
A la très modeste gare de Fécamp, Sissi est accueillie par les officiels et notamment le Maire de Fécamp. Une foule nombreuse est tenue à bonne distance. L'Impératrice et sa suite, composée de plus de 70 personnes, ne s'attardent pas devant la gare et prennent rapidement la route de Sassetot, le landau de Sissi passant par Valmont.

Le séjour de Sissi à Sassetot

L'impératrice voyage "incognito" c'est à dire de manière non officielle.
Elle arrive cependant au château de Sassetot avec une suite de plus de 70 personnes.
Le Baron Nopcsa, premier intendant
Monsieur Carl Linger, intendant et trésorier
Mesdames Marie Festetics et Ida Ferenzy, ses dames d'honneur
Monseigneur de Rosnay, son aumônier personnel
Le docteur Widerhofer, médecin impérial
Madame Fanny Engeger, sa coiffeuse
Plusieurs majordomes, valets, lads
Deux chambellans
Deux gouvernantes, française et anglaise, pour Marie-Valérie
Un domestique noir, Rustino, pour le chien "Shadow"
Deux boulangers viennois
Trois cuisiniers de la Cour
Un chef français engagé à Paris
Deux confiseurs autrichiens
La "soupière" préposée aux potages de sa Majesté
Ecuyers et cochets pour quatre landaus et huit carrosses


Dés le lendemain de son arrivée, Sissi après la messe dite par Monseigneur de Rosnay dans la petite chapelle St-Pierre à droite du choeur de l'église, descend en landau à la plage des Petites-Dalles où elle prend son premier bain.
Une cabine de bain a été installée sur les galets d'où part, jusqu'à la mer, un long couloir de toile, qui lui permet de descendre à l'eau sans être gênée par les regards des badauds. Ce bain deviendra une habitude quotidienne. Sissi rentre au château à pied en passant par les avenues. Le reste la journée, est consacré à l'équitation.
Sissi fait quotidiennement de grandes chevauchées dans la campagne environnante, au risque d'abîmer les cultures, ce qui n'est pas du goût des paysans qui font connaître leur mécontentement malgré les généreux dédommagements qui leur sont assurés.
Pendant ce temps Marie-Valérie joue dans le parc du château. Les confiseurs lui confectionnent quotidiennement des bonbons enveloppés dans des papiers décorés des portraits de l'empereur et de l'Impératrice. Ces bonbons emplissent ses poches et elle les distribue aux enfants du village.


L'accident

Sissi consacre une grande partie de ses journées à l'équitation. Voulant toujours se surpasser, elle a fait venir un écuyer, Allen, qu'elle a connu en Angleterre lors d'une chasse à courre. Celui-ci un matin demande à l'Impératrice de prendre le parcours d'obstacles à l'envers sans que le cheval ait reconnu ce nouveau tracé pour lui. Le premier obstacle "le mur", habituellement le dernier, surprend le cheval qui se cabre et fait tomber sa cavalière dont la tête heurte violemment la base d'un chêne.
L'Impératrice reste sans connaissance. On accourt, Sissi inanimée est transportée sur une chaise longue. Le médecin impérial, le docteur Widerhofer, qui habite aux Petites-Dalles, tarde à être trouvé et c'est le médecin du pays qui arrive le premier au chevet de l'Impératrice. Le docteur Widerhofer arrive enfin. Il constate qu''il n'y a pas de fracture mais un volumineux hématome du front. Sissi finit par reprendre connaissance, mais elle ne se souvient de rien.
L'Empereur prévenu envisage un moment de venir en France et le bruit a couru qu'il y est effectivement venu. En fait, cela paraît plus qu'improbable.Sissi abandonne l'équitation pendant la fin de son séjour à Sassetot, mais la reprendra dès son retour en Autriche.

 

Le départ et le retour à Vienne

Le 30 septembre 1875, l'Impératrice quitte Sassetot pour reprendre le train impérial à Fécamp. Le train est déjà en gare depuis le 24 septembre. Une foule nombreuse est venue assister à ce départ. Monsieur Dubois, maire de Fécamp, vient saluer l'Impératrice. Il constate que Sissi ne semble pas se ressentir de sa chute de cheval.
Le train s'arrête à Vernon pour passer la nuit. Le Maréchal de Mac-Mahon, Président de la République, s'y rend pour saluer l'Impératrice, mais on lui fait dire que l'Impératrice se repose! Sissi, très généreuse pour tous, laisse un excellent souvenir à Sassetot.

L'année suivante, aux Petites-Dalles, le maître-baigneur Delahaye Benoni se noie en voulant porter secours à un nageur en péril. L'Impératrice s'inscrit pour une somme importante en tête de la souscription ouverte au profit de la famille.